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Maquillage permanent : une technique en plein essor, conseils et législation

10/10/2019 | Esthétique | Siska von Saxenburg

Le maquillage permanent a pris un essor inattendu dans les instituts de beauté. A l’occasion du Congrès Biotek, qui se déroule le 13 octobre, à Marseille, au sein du salon Beauty Profs, Profession  bien-être revient sur les raisons - et les conséquences - de cette évolution.

Signe des temps : l’une des marques leaders du marché Biotek, présente dans 43 pays, a choisi Marseille pour tenir son premier congrès dans l’Hexagone. Réunis par le distributeur France Betty Beauté Esthétique, les «masters teachers» se succéderont pour animer conférences, démonstrations et échanges conviviaux, sous la houlette de Francesca Frio, directrice de la marque, venue pour l’occasion. 

Celle-ci assurera, en particulier, une démonstration de la nouvelle technique Perfect lip gloss, pour corriger de manière très naturelle un contour des lèvres, et obtenir une bouche repulpée et glossy.  Ce congrès mettra aussi en avant la technique du bio-needling, qui permet de «défroisser» la peau et éclaircir le teint. Plus doux et moins invasif que le micro-needling, qui s’effectue à l’aide d’un rouleau, le procédé peut être réalisé avec un dermographe Biotek.

Quels termes choisir ?

«Il s’agit d’être très prudent dans les termes employés. Je conseille d’éviter le mot dermopigmentation, généralement associé à une image médicale. En revanche, le terme maquillage permanent ou semi-permanent est assez explicite et correspond à l’esthétique», prévient Amaury Ravier, directeur générale de Maud Maquillage Permanent. «On peut éventuellement parler de pigmentation correctrice, lorsqu’on touche à une reconstruction aréole mammaire ou un camouflage de cicatrice», ajoute le spécialiste. 

Quelle que soit la technique utilisée, qu’il s’agisse d’un dermographe électrique ou d’un stylo à main à lame unique (microblading), il s’agit d’implanter un pigment dans le derme à l’aide d’une aiguille très fine. Techniquement, le dermographe électrique permet de piquer plus profondément, tandis que le stylo à main griffe la peau de façon superficielle.

La différence ? D’abord, la durée du maquillage. Dans le premier cas, il peut durer de deux à cinq ans. Dans le second, il n’excédera pas deux ans. «Tout dépend du travail que l’on veut faire. Pour souligner un maquillage ancien, effectuer une correction ou réaliser un remplissage complet de sourcil à la libanaise, mieux vaut utiliser un dermographe», conseille Maïté Vertisi, à la tête de Verthis International, une des pionnières de la technique.

En revanche, pour traiter un sourcil très peu fourni, il vaut mieux recourir au microblading. «Une technique très ancienne revenue en force», précise l’experte, ce qui permet un résultat d’une grande finesse.

Un simple effet de mode ? 

La remise au gout du jour de cette ancienne méthode est d’ailleurs l’un des éléments moteurs de ce marché. Souvent rebaptisée «micropigmentation», la technique a littéralement fait exploser le marché. La prestation ne dure qu’une heure, le pigment déposé en surface s’élimine progressivement en un an. 

Et surtout : les tarifs sont revus à la baisse, autour de 180 euros au lieu de 360. Le prix est attractif pour la cliente, et la prestation rentable pour l’esthéticienne. La formation se fait en trois jours, et la praticienne n’a pas besoin d’acheter un appareil coûteux.

Car les chiffres sont là. Maud Maquillage permanent revendique 8 000 professionnelles qui pratiquent régulièrement. Effet de mode, feu de paille ou véritable opportunité ? Amaury Ravier est catégorique : «Le marché est encore en pleine progression. Il y a cinq ans nous existions à peine. Depuis, nous avons vu passer près de deux millions de personnes, entre les soins réalisés et les 800 élèves que nous formons chaque année dans nos trois écoles. Nous ne sommes absolument pas en phase de stabilisation.»

D’autant que de nouvelles opportunités se présentent en permanence. La créatrice de Styliderm, par exemple, Carmela Despalle de Béarn, riche d’une expérience de vingt ans, connait actuellement un vrai succès en se spécialisant dans le détatouage. Une technique de plus en plus demandée, que peu de professionnels maîtrisent.

Que dit la législation ?

Le législateur a regroupé le maquillage permanent, le piercing et le tatouage sous un même texte, adopté en 2008. Le maquillage permanent, qui partage avec le piercing et le tatouage de requérir une effraction de la peau, est englobé dans cette loi, qui vise avant tout à limiter les risques d’infection et de transmission des virus. C’est le seul texte de référence encore en vigueur aujourd’hui.

Malgré les risques encourus, il n’est pas besoin d’être esthéticienne pour pratiquer le maquillage permanent, comme l’a confirmé en août le ministère de la Santé. Une formation de quelques jours suffit pour s’installer comme démographe. On peut le regretter, quand on sait à quel point il est délicat de retoucher le dessin d’une bouche ou de restructurer un sourcil. Maîtriser à la fois le dessin et la colorimétrie n’est pas donné à tout le monde et requiert souvent une longue pratique.

Quelles précautions prendre ?

En revanche, le législateur a prévu toute une série d’obligations très précises sur l’hygiène. En cas de contrôle, des justificatifs pourront être demandés concernant les procédures et les produits utilisés (y compris les produits de nettoyage et désinfection). Voici quelques règles de conduite à suivre en cabine, abordées par la réglementation :

- Pour l’esthéticienne, port d’une charlotte et d’une blouse propre, désinfection préalable des mains, puis utilisation de gants à usage unique durant la prestation.

- Disposition des produits et ustensiles sur une surface stérile, désinfection de la zone à maquiller et utilisation de matériels jetables à usage unique (les parties non jetables comme les manches seront stérilisées).

- Emploi d’une housse stérile pour envelopper l’appareil de pigmentation et de produits spécifiques de nettoyage pour la table, le mobilier, les ustensiles, etc.

Autre point important : le choix des pigments. Les esthéticiennes engagent leur responsabilité si elles utilisent des pigments non conformes à la réglementation européenne et/ou qui ne sont plus en cours de validité. Deux points qui seront vérifiés en priorité en cas de contrôle inopiné et qui peuvent déclencher de lourdes sanctions en cas d’infraction ! 

Vérifiez donc bien la provenance des produits (qui doit être écrite sur l’étiquette), la présence d’un numéro de lot et d’une date de validité, et enfin, surveillez votre stock en éliminant les produits périmés.

Enfin, pour terminer, la prestation de maquillage permanent ne peut pas se faire n’importe où. Vous ne pourrez pas effectuer un microblading dans votre cabine d’épilation, à plus forte raison à domicile chez une cliente. Il faut dédier une pièce à cet usage unique. Ce local doit être ventilé, soit par une fenêtre soit par un système de ventilation. 

Il doit aussi être équipé de matériaux conformés (pour ne pas retenir de germes, il faut éviter les surfaces poreuses comme le tissu ou le bois) et se trouver à proximité d’un point d’eau. Et, bien sûr, il convient d’informer votre cliente : le décret du 3 décembre 2008 recense toutes les obligations légales d’information. 

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