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Extension de cils : « Ces prestations répondent à un vrai besoin »

13/10/2019 | Beauté | Siska von Saxenburg

L’esthétique du regard est devenue, au fil des ans, une part importante du marché. Pour en comprendre les ressorts, Profession bien-être a rencontré au salon Beauty Prof’s, à Marseille, une pionnière de la technique : Juliette Bedrèche, aujourd’hui à la tête de Jolicils.

JULIETTE BEDRECHEProfession bien-être : L’esthétique du regard est un phénomène récent. Selon vous, s’agit-il d’un effet de mode ou d’une vraie tendance ?

Juliette Bedrèche : Ni l’un, ni l’autre ! Ces prestations répondent à un vrai besoin, qui n’était pas encore satisfait. C’est la raison pour laquelle elles ont immédiatement séduit une clientèle captive. C’est une petite révolution. Car la prestation s’adresse à toutes les femmes. 

Cela va de l’extension cil à cil pour les femmes actives qui se maquillent peu mais qui veulent tout de même mettre leur regard en valeur sans porter plusieurs couches de mascara, à une conception plus orientale et plus chargée de la beauté avec le volume russe. Et peu à peu sont venues se greffer sur l’activité d’autres techniques comme le rehaussement, qui remplace de plus en en plus la permanente de cils.

Vous avez suivi l’évolution de cette niche de marché depuis son apparition en France. L’évolution a-t-elle été rapide ?

Oui, cela fait maintenant quinze ans que je pratique l’extension de cils et j’ai créé mon entreprise il y a dix ans. A cette époque, la technique était encore quasi inconnue en France et nous devions être au maximum cinq ou six à le proposer en France. Les clientes n’hésitaient pas à faire des kilomètres pour leur pose et leur remplissage. Il y avait peu de centres de formation. Quant aux produits, il y avait, en tout, trois références de courbures de cils, et nous étions ravies d’obtenir des résultats spectaculaires.

Très vite, le buzz a joué. C’était la prestation qui faisait la différence. Devant l’engouement de la clientèle, de nombreuses esthéticiennes se sont tournées vers cette activité. Il faut dire que par rapport à un soin visage ou une épilation, la rentabilité était au rendez-vous, puisqu’une pose se négociait aux alentours de 360 euros pour une heure et demie de travail.

Les formations ont suivi. Aujourd’hui, pratiquement toutes les écoles esthétiques proposent des formations complémentaires en extension ou rehaussement de cils. C’est devenu une partie intégrante de l’enseignement esthétique. Quant aux produits, il existe maintenant des centaines de références de cils qui varient en longueur, épaisseur et courbure. Ce qui ne veut pas dire que ce soit devenu plus facile. Quand on connait la nature humaine, on sait que plus on a de choix, plus on veut la référence qui n’existe pas !

Pensez-vous que le marché est en train de se stabiliser aujourd’hui ?

Absolument pas. Malgré la multiplication des praticiennes, des formations et des produits, il y a toujours un afflux grandissant de clientes. L’extension de cils est vraiment devenue la réponse à un besoin. La demande continue à croître.

Il s’agit pourtant d’une prestation chère. Toutes les femmes n’ont pas les moyens de se l’offrir…

Tout est une question d’arbitrage. Et ce n’est pas une question de tarif. Les femmes qui s’occupent d’elles ont toujours des priorités : cela peut être la coiffure ou les ongles. Mais le regard touche tout le monde. Tout passe par le regard ! La grande majorité des femmes qui optent pour l’extension de cils se fidélisent et reviennent régulièrement. Cela devient une addiction. Moi-même, quand je n’ai pas le temps de faire un remplissage - les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés ! -,  j’ai l’impression d’avoir mauvaise mine.

En fait, il n’y a que deux catégories de femmes réfractaires à l’extension de cils. Tout d’abord, celles qui n’aiment pas avoir un corps étranger sur elle. Elles vont toucher sans cesse les cils, les frotter, bref, le plus sûr moyen d’abîmer la racine pilaire ! Et bien sûr, toutes celles qui ont fait une mauvaise expérience de pose. Cela peut constituer un véritable traumatisme, au-delà même des effets indésirables.

Existe-t-il beaucoup de mauvaises praticiennes ?

Il existe surtout des «praticiennes» non formées et peu scrupuleuses. Dans certains cas, il s’agit de jeunes femmes qui ont visionné un tutorial sur Youtube et se lancent dans l’activité, attirées par le prix des prestations, puisqu’il n’y a pas besoin de posséder un diplôme d’esthétique pour exercer. Celles qui s’engagent dans cette voie font, en général, la totale : elles achètent également des produits d’origine inconnue sur Internet, qui peuvent contenir des allergisants ! 

A l’arrivée, il y a automatiquement des catastrophes. Tout le monde n’est pas fait pour cette activité qui demande de la minutie et un respect rigoureux de l’hygiène. J’ajouterai qu’il faut aussi un certain sens moral. Après tout, on intervient sur le corps de quelqu’un : autant le faire avec respect et compétence.

Vous parlez de produits. Comment les choisir ?

Pour éviter tout problème, je conseille d’opter pour des produits certifiés en conformité avec la norme européenne. Et d’être vigilante, car on peut compter sur les doigts d’une seule main les entreprises françaises qui ont fait certifier leurs produits. 

Pour avoir procédé à la certification de nos produits, je sais que cela entraîne des coûts importants. Mais cela reste, à mon avis, la seule façon d’éviter les problèmes. Une praticienne bien formée, des produits adaptés et le respect de la cliente sont les trois éléments de réussite de cette activité.  

Revenons sur la rentabilité de l’activité. On voit aujourd’hui fleurir un peu tous les tarifs. Comment choisir une praticienne ou un centre pour ne pas se tromper ?

C’est vrai, les prix sont partis à la baisse. On voit de tout, de 30 euros à 300 euros, pour la même prestation. De façon générale, dans un centre correct, qui emploie une praticienne bien formée, avec de bons produits, la pose est passée de 350 à 300 euros. Il s’agit d’une pose qui dure de 60 à 90 minutes pour une pose cil à cil (en volume russe, c’est plus long). Si la praticienne vous demande 30 euros, il y a fort à parier qu’elle va utiliser des produits non conformes et qu’elle n’a pas suivi de formation adaptée.

Maintenant, tout dépend de la clientèle à laquelle vous vous adressez. Selon votre zone de chalandises vous aurez, ou non, la clientèle prête à payer 300 euros pour une pose complète. Dans des zones plus modestes, une pose effectuée par une praticienne compétente peut descendre jusqu’à 150 euros.

Pensez-vous qu’il faille être esthéticienne pour pratiquer cette activité ?

Pour ma part, je pense qu’il faut une formation sérieuse avant de pratiquer. On touche au regard, et une fausse manœuvre peut être lourde de conséquence. La plupart des écoles esthétiques intègrent cette spécialisation dans leur programme.

Il y a de plus en plus de centres de formations, de plus en plus d’esthéticiennes qui se forment, et c’est tant mieux. Car le flot des clientes est en progression constante et le prix à payer pour que cela continue, c’est de proposer des prestations parfaitement réalisées, avec du personnel qualifié, et dans des conditions d’hygiène rigoureuses.  

Propos recueillis par Siska von Saxenburg. 

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